Je savais….

Je suis assise, et je me demande encore combien de temps je vais rester à comprendre…..
Je savais qu'un jour cela finirait ainsi, je l'avais vu plusieurs fois dans mes rêves.
Ah ces rêves, toujours à me parler, toujours à me faire passer toutes ces images, qui ensuite hantent mes pensées.
Petite déjà, je voyais trop de choses, mais je pensais bêtement que tous les enfants étaient comme moi.
Je voyais tant d'images défilaient devant moi, mais je ne voulais pas en prendre compte, je refusais cette évidence.
Et la je suis assise, tranquille, à réfléchir, à refaire défiler cette scène.
La vie est un grand théâtre, avec des actes, mais personne n'est la pour réagir à cette pièce.
Je l'avais vu pourtant ce scénario, si violent, si perturbant, mais encore une fois, j'avais refusé, je ne voulais plus voir.
C'était un petit matin du mois d'octobre, ce mois qui me perturbe, depuis des années, je venais de me préparer , j'allais partir comme tous les matins. Ce petit matin là, en me levant, j'avais cette sensation » du déjà vécu »……
J'ai balayé cette sensation, et j'ai ouvert la porte, je me suis retrouvée devant un homme qui allait sonner.
Il était grand, et un regard si froid, j'étais figée.
J'ai voulu refermer la porte, mais il avait plus de force que moi.
Il m'a bousculé, il est entré, il cherchait une femme, il pensait que c'était moi.
J'ai respiré un grand coup, et j'ai essayé de le calmer. Mais comment peut on calmer un homme avec ce regard qui s'était transformé en haine.
Il m'a mis sous le nez une photo de femme, elle me ressemblait comme deux gouttes d'eau, je ne la connaissais pas.
Il me parlait en disant sans arrêt ce prénom Maelle, je lui disais que je la connaissais pas, qu elle n'était même pas de ma famille, mais il voulait rien savoir.
Puis il m'attrapa par le bras en me serrant, et me dit tu es Maêlle, mais tu as changé ton aspect pour que je te retrouve pas.
La tête me tournait, j'avais envie de hurler…..
Il me montra une arme, il me dit qu il allait enfin se soulager, il était venu tuer cette Maëlle…..
Je lui montrais mes papiers, les photos de mes enfants, mais rien n' y faisait.
Et puis, il a voulu tirer une première fois, mais j'ai eu le temps de le pousser…
J'ai pris un sabre qui se trouvait en décoration dans la pièce ou nous étions, et j'ai porté un coup sur lui…
Il s'est écroulé en gémissant, et je suis partie en courant tout en attrapant cette photo qui me perturbait.
Je suis là, assise dans cet endroit lugubre, et je revois toute la scène… Et puis ces flashs sans arrêt, moi et en face de moi, cette Maëlle.
J'ai dû le tuer, il faudrait que j'aille à nouveau chez moi, il faut que je vois si vraiment il est mort….
Puis mon regard se porte sur la photo, cette photo de cette femme, elle me ressemble tant….
Et je vois qu'une lettre est accrochée derrière la photo. Je l'ouvre, stupeur on dirait mon écriture.
Non c 'est impossible, je me souviens pas avoir écrit une lettre comme celle ci.
« »" »" »" »" » Joss,
Toi qui m'a maltraitée depuis tant d'années, toi qui a toujours voulu me diminuer, toi qui a toujours voulu m'humilier, je te quitte.
Je te laisse tout, je vais déposer plainte car j 'ai accumulé toutes les preuves de ta maltraitance, j'ai même les témoignages.
Tu ne me retrouveras jamais ou alors le jour ou tu me verras, je ferais en sorte que tu ne me harcelles plus.
Tu devrais te faire soigner car tu es un grand malade, tu ne vois que par la destruction .
Adieu
Maëlle
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Et la je me laisse glisser sur ce sol si humide, si froid. Tout tourne, et des bouts de cette vie passée qui reviennent ….
Je suis bien Maëlle, mais je m'étais tellement cachée, que j'avais mis de côté cette femme, et j'étais devenue cette autre femme.
Je suis partie jusqu'à chez moi, et tout ce monde, les policiers étaient devant ma porte.
Je suis allée voir un des policiers et je lui dis : » c'est moi , celle qui a tué l'homme'
Il m'a regardé, étonné, puis d'une voix douce : » vous savez , l'homme n'est pas mort, vous l'avez juste à peine touché »
Puis je suis partie avec tout ce beau monde, pour faire ma déclaration des faits.
Je suis repartie, à cet endroit si particulier, je voudrais ne plus survivre, je voudrais ne plus voir, et surtout savoir qui je suis réellement.
Dans la nuit, je m'y sens si bien je voudrais que le temps s'arrête…